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Ce que ChatGPT dit de vous, docteur (et comment le vérifier en 5 minutes)

ZSZak Sefrioui · ANDM·Juillet 2026·6 min de lecture

En 2025, un chirurgien ORL de Fès nous confiait avoir reçu trois patients « envoyés par ChatGPT » dans l'année. Trois patients qui ont posé une question de santé à une intelligence artificielle, et à qui l'IA a répondu en citant son nom. Ce chiffre paraît modeste — c'est surtout un signal précoce : la recherche de soins passe de plus en plus par les IA, et la plupart des praticiens marocains ignorent totalement ce que ces IA racontent à leur sujet.

Faites le test, maintenant

Ouvrez ChatGPT (ou Gemini, ou Perplexity) et posez trois questions, comme le ferait un patient :

  • « Qui est le Dr [votre nom] à [votre ville] ? »
  • « Quel [votre spécialité] recommandes-tu à [votre ville] ? »
  • La même question, en arabe.

Trois issues possibles. Soit l'IA vous décrit correctement — profitez-en, c'est rare. Soit elle répond des généralités, cite un annuaire à moitié vide, ou mentionne vos confrères mais pas vous. Soit — le cas le plus troublant — elle vous confond avec un homonyme : nous avons audité un chirurgien dont le nom, interrogé seul, renvoyait vers un agent immobilier de la même région.

Comment l'IA fabrique sa réponse

Contrairement à une idée répandue, ChatGPT ne « sait » presque rien des praticiens locaux. Quand on l'interroge, il effectue une recherche web en direct (via l'index de Bing ; Gemini utilise celui de Google), lit les premières pages trouvées, et compose sa réponse à partir de ce qu'il peut lire. Autrement dit : l'IA ne dit que ce que le web dit déjà de vous. Si le web ne contient que des fiches d'annuaires vides, la réponse sera vide. S'il contient une page claire, exacte et structurée sur votre parcours et vos actes, la réponse la reprendra.

Il n'existe pas de « première place sur ChatGPT ». Une IA cite ou ne cite pas, selon la question et le jour. Méfiez-vous de quiconque vous garantit une position.

Ce qui détermine d'être cité

Quatre facteurs, par ordre d'importance :

  1. Exister de façon cohérente. Un seul nom, identique sur toutes les plateformes. Les IA consolident les informations par « entité » : trois orthographes différentes = trois demi-identités au lieu d'une réputation.
  2. Avoir une source de référence. Une page — idéalement votre site — qui répond clairement : qui vous êtes, ce que vous pratiquez, où, dans quelles langues. Structurée en questions/réponses, elle devient la matière première idéale.
  3. Être présent dans les deux langues. Le contenu médical en arabe est quasi inexistant en ligne au Maroc. Une IA interrogée en darija n'a presque rien à lire : le premier praticien qui publie devient la réponse.
  4. La preuve sociale. Les avis et les mentions par des tiers crédibles pèsent dans ce que les IA retiennent — comme dans la décision du patient.

Et la déontologie dans tout ça ?

Tout ce qui précède relève de l'information factuelle : votre parcours réel, vos actes réels, vos coordonnées exactes. C'est précisément ce que le Code de déontologie marocain permet — contrairement à la publicité, aux superlatifs et aux promesses, qui sont interdits et, accessoirement, inutiles pour les IA. Bien communiquer et respecter le code ne s'opposent pas : c'est le même travail.

Par où commencer

Par la mesure. Avant d'écrire quoi que ce soit, sachez précisément ce que Google et les quatre grandes IA disent de vous aujourd'hui, sur quelles questions vous apparaissez et sur lesquelles vos confrères apparaissent à votre place. C'est exactement ce que fait notre audit — gratuit, présenté de vive voix, sans engagement.

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