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Ce qu'un médecin marocain peut — et ne peut pas — publier en ligne

ZSZak Sefrioui · ANDM·Juillet 2026·6 min de lecture

Beaucoup de praticiens marocains hésitent à développer leur présence en ligne par crainte de la faute déontologique — et ils ont raison d'être prudents : le cadre existe, il est strict, et il est appliqué. Mais la conclusion inverse (« donc je ne fais rien ») est une erreur : le Code de déontologie n'interdit pas d'exister en ligne, il interdit de faire de la publicité. La nuance change tout.

Cet article est une vulgarisation destinée à donner des repères généraux — il ne remplace ni la lecture des textes, ni l'avis de votre Conseil de l'Ordre ou d'un avocat pour un cas précis.

Le cadre : deux textes à connaître

La loi 131-13 relative à l'exercice de la médecine, et le Code de déontologie de la profession médicale, en vigueur depuis février 2022 (publié au Bulletin officiel n°7066), qui a modernisé un texte datant de 1953 — notamment sur la communication. La philosophie générale est constante : la médecine n'est pas un commerce ; le médecin informe, il ne se vend pas.

Ce qui est permis : l'information factuelle

  • Vos nom, titres et qualifications réellement détenus — diplômes, spécialité, inscriptions.
  • Vos coordonnées, horaires, langues de consultation, modalités de rendez-vous.
  • Les actes et prises en charge que vous pratiquez réellement, décrits sobrement.
  • Un site professionnel présentant votre parcours de manière exacte et vérifiable.
  • Du contenu d'information et d'éducation à la santé — prudent, exact, sourcé, et qui ne se transforme pas en promotion déguisée de votre cabinet.

Ce qui est interdit : la promotion

  • Les superlatifs et comparaisons : « le meilleur », « le plus expérimenté », « unique au Maroc ».
  • Les promesses de résultat, les taux de réussite invérifiables, les avant/après racoleurs.
  • Le rabattage : offres promotionnelles, tarifs d'appel, incitations commerciales.
  • Les témoignages orchestrés et les avis fabriqués ou achetés.
  • Tout ce qui divulgue une information couverte par le secret médical — y compris dans une simple réponse à un avis Google.

Les pièges fréquents que nous rencontrons en audit

Le plus courant n'est pas la faute volontaire : c'est le contenu produit par des tiers. Articles « sponsorisés » écrits par des prestataires peu scrupuleux qui vous présentent comme « la référence de la ville » avec vos tarifs, annuaires qui inventent des descriptions, pages créées sans votre accord. Déontologiquement, c'est votre nom qui est engagé — d'où une règle simple : rien ne devrait être publié à votre sujet sans votre validation écrite. Exigez de tout prestataire un droit de relecture systématique, et la conformité au code comme clause du contrat.

La bonne nouvelle

Le cadre déontologique et les algorithmes modernes convergent : Google comme les IA privilégient précisément le type de contenu que le code permet — factuel, exact, signé, sourcé — et pénalisent de plus en plus ce que le code interdit. Communiquer proprement n'est pas un handicap concurrentiel ; c'est la seule stratégie qui soit à la fois légale et durable. C'est le principe fondateur de notre méthode.

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